L'élevage félin cette passion contagieuse

La société Merial a convié les éleveurs félins à une réunion d'information le samedi 22 octobre 2011 sur le thème "Actualités et préoccupations autour des maladies infectieuses".


Elevage et agents pathogènes

A l'origine le chat est un chasseur solitaire qui n'a de contacts avec ses congénères que lors des luttes territoriales et les périodes de reproduction. Ce mode de vie limite la circulation des agents infectieux.Dans les élevages félins la vie en collectivité d'individus favorise la prolifération des agents pathogènes.

L'agent pathogène est un opportuniste plus ou moins résistant dans l'environnement. Il pénètre dans la chatterie lors d'une saillie extérieure, par l'introduction d'un nouveau chat, au retour d'une exposition ou sur les semelles des visiteurs qui entrent dans l'élevage. Une fois entré dans la chatterie, l'agent infectieux contaminera les animaux présents. Pour réduire la quantité d'agent pathogène dans un élevage il faut mettre en place des mesures sanitaires et médicales.

Les mesures sanitaires indispensables en élevage nécessitent:
- des locaux adaptés
- une sectorisation des animaux
- des mesures d'hygiène et de désinfection.

Les mesures médicales passent par un protocole de vaccination adapté à l'élevage.
La vaccination permet le contrôle des maladies infectieuses en réduisant ou annulant l'apparition des signes cliniques de la maladie mais aussi en diminuant l'excrétion de l'agent pathogène vis-à-vis des congénères.

Il existe plusieurs types de vaccins:
1 -Les vaccins "vivants" ou "atténués" (herpès , chlamydiose)
2 -Les vaccins "inactivés" (calicivirus) où une partie du virus est tuée et utilisée pour la fabrication du vaccin
3 -Les vaccins "vectorisés" (FeLV) qui sont mis en place lorsque les méthodes précédentes ne fonctionnent pas. Dans ce cas une partie du virus est décodée et placée dans un autre virus qui servira à la fabrication du vaccin.
4 - les vaccins à base d'ADN (utilisés en thérapeutique humaine) où l'on dépose une partie du code génétique du virus dans les cellules du chat

L'adjuvant présent dans le vaccin sert à augmenter son efficacité et permet de diminuer la quantité de vaccin à injecter à l'animal.
Il existe toujours la possibilité d'échecs vaccinaux parce que tous les individus ne sont pas égaux devant la réponse immunitaire.
Il est a noté qu'un test PCR positif après une vaccination n'est pas anormal.

La vaccination n'est pas un acte anodin et il peut y avoir des épisodes de signes cliniques lors de la vaccination ou l'apparition d'effets secondaires.

Les effets secondaires de la vaccination peuvent être:
  • - l'apparition d'un nodule au point d'injection
  • - de l'abattement
  • - de la fièvre
  • - l'apparition de tumeur au point d'injection (fibrosarcome)
Le fibrosarcome

Le fibrosarcome est une tumeur cutanée maligne des tissus mous fréquente et localement agressive. Les premiers cas de fibrosarcome chez le chat ont été décrits en 1991 date à laquelle une corrélation fut faite entre l'apparition de sarcome et les points d'injection vaccinaux.

Le problème des sarcomes associés à la vaccination retient toute l'attention des vétérinaires et des producteurs de vaccins félins. Le VAFSTF, groupe de travail sur le sarcome félin, est une coalition d'organisations vétérinaires qui consacre des ressources humaines et financières considérables afin de déterminer la vraie portée du problème, la cause et le traitement le plus efficace des sarcomes associés aux vaccins.

Dans la grande majorité des situations, les vaccins sont beaucoup plus avantageux que nuisibles et ils protègent les chats des maladies infectieuses, et une façon de réduire le risque de développement de sarcome est de prendre quelques précautions.

  • Plus le nombre de vaccinations augmente et plus il y a de risques de voir apparaître des tumeurs au point d'injection.
  • Il a été constaté que le fibrosarcome apparaît plus facilement avec les vaccins adjuvés (rage et FeLV) ou avec les vaccins à basse température.
  • Il est recommandé de privilégier les injections en sous cutanée (et non en intra musculaire) et d'espacer les points d'injection des vaccinations.

Le fibrosarcome au point d'injection apparaît en moyenne sur des animaux âgés de 9 à 12 ans quelque soit le sexe et représente 15 à 40% des tumeurs chez le chat. Le fibrosarcome se présente comme un iceberg avec une partie de la tumeur infiltrée en profondeur dans les tissus.

Si vous détectez une grosseur au point d'injection prenez contact avec votre vétérinaire dès que possible. Il faut faire appel à la chirurgie dès que :
  • - le nodule dépasse 2 cm de diamètre
  • - le nodule persiste plus de 3 mois après l'injection vaccinale
  • - le nodule présent depuis 4 semaines commence à grossir.
Le vétérinaire peut proposer de faire une cytoponction du nodule avant la chirurgie pour connaître la nature de la tumeur, ce procédé permet d'avoir rapidement des informations mais n'est fiable qu'à 50% et fait apparaître des faux négatifs.
La biopsie après l'exérèse reste la meilleure solution, le laboratoire examinera le prélèvement envoyé par le vétérinaire et déterminera si la totalité de la tumeur a bien été enlevée ou si le vétérinaire a laissé des fragments de tissus cancéreux.
Si la tumeur est déjà de taille importante, avant d'opérer le vétérinaire pourra conseiller un scanner afin de visualiser les métastases pulmonaires qui apparaissent fréquemment dans ce genre de tumeur.

Après exérèse, le vétérinaire peut vous proposer de prendre contact avec l'Ecole vétérinaire de Maisons- Alfort ou Oncovet à Lille pour effectuer une radiothérapie qui pourra éventuellement prolonger la durée de vie de votre animal.


Le typhus est-il toujours d'actualité ?

Le virus du typhus est un virus stable qui ne mute pas facilement, il est très résistant et peut persister pendant plusieurs mois dans l'environnement.
L'incubation de la maladie est de 2 à 10 jours et le virus détruit les globules blancs provoquant jusqu'à 90% de mortalité chez les chatons.

Les symptômes sont :
Des coliques, de l'abattement, de la fièvre, de l'anorexie, des vomissements, l'apparition de diarrhée n'est pas systématique et si elle est présente elle n'est pas toujours hémorragique. Les symptômes peuvent être facilement confondus avec une autre pathologie et il est important de faire confirmer une suspicion de typhus par des recherches de virus en laboratoire avant d'avancer qu'il s'agit d'un cas de typhus.

Il est a noté qu'un test PCR positif après une vaccination n'est pas anormal.

Le protocole classique de vaccination du chaton à 8 et 12 semaines reste suffisant pour protéger l'animal du typhus.
Dans les élevages où il a été mis en évidence des cas avérés de typhus le protocole de vaccination à 8, 12 et 16 semaines est souhaitable.
Une vaccination avant l'âge de 8 semaines est considérée comme inefficace puisque le chaton est encore immunisé par les anticorps maternels.




Vous pouvez télécharger les fiches traitant des sujets abordés lors de la réunion:

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